André FRÉNAUD

Se niant lentement s'élève
un homme porte-lumière

     Voilà ce que nous ne devons jamais oublier : cette certitude que le poète est porte-lumière, même lorsque nous lirons les vers les plus sombres, les plus amers, ceux où volontairement sont amassés les plus sordides aspects de la vie. La laideur, l'abjection ne sont pas effacées par la poésie, mais à travers la laideur, à travers l'abjection, la vie se trouve transfigurée par la poésie.
     La conscience critique de Frénaud ne l'a pas abandonné avec l'avènement de la poésie, elle s'est même tout naturellement attaquée à la poésie ; heureusement, elle ne l'a pas détruite, elle s'y est, au contraire, intégrée. Au miracle et aux frontières de la poésie, correspondent chez Frénaud l'amour et la haine de la poésie, ou plutôt une unique passion où amour et haine ne cessent d'échanger leurs couleurs ; amour pour la poésie qui seule illumine la vie, haine de la poésie qui ne supprime pas l'inacceptable. Frénaud exprimera à merveille cette passion contradictoire devant les pouvoirs et les faiblesses de la poésie qui «seul feu ( ... ) traverse étincelante le vide » par ces mots d'amant :

Haineusement mon amour la poésie 

G-­E. C. 

 

DES CHEVAUX
ESCHATON
LA MORT,L'AMOUR, LE MOURIR
L'INSPIRATION, L'INTELLIGENCE, L'IMPATIENCE ET LA SOUMISSION 
PAYSAGE

Copyright © 2017. All Rights Reserved.